Diviser pour mieux régner.

Cela fera bientôt un an que j’ai fait de Saluer la mer mon projet d’entreprise. Je l’ai déjà dit : ce projet, c’était d’abord l’exploration de ce que c’est, être un entrepreneur et cela impliquait non seulement que j’allais parfois me tromper, mais qu’il était nécessaire que je me trompe.

La créativité, parce que tout part de là, a besoin qu’on lui aménage une franche liberté. Ensuite elle peut grandir et, au besoin, être réorientée. Comme dans chacun de mes projets, j’ai avancé à tâtons vers l’entrepreneuriat, peut-être sans même savoir que c’était ça, mon Graal.

Peu à peu, j’ai l’impression de rentrer à la maison. Saluer la mer devient cette maison que j’avais imaginée, un espace où je souhaite accueillir des artistes et les aider à révéler et à exprimer leurs idées. Cette maison s’est construite sans que je ne le sache. Je ne m’imaginais certainement pas qu’à l’approche de la trentaine, je lancerais ma propre entreprise. Je ne m’imaginais pas non plus en train de rédiger un plan d’affaires, et, même (!), d’y trouver du plaisir. J’ai toujours cru que j’étais davantage rêveur que pragmatique. Mais je réalise qu’un projet d’entreprise nécessite toujours un peu des deux. Il faut à la fois savoir rêver et savoir agir.

Je suis tombé cette semaine sur un très bel article de la blogueuse Beth Maiden. Elle y partage une question qui m’a taraudé moi-même beaucoup ces derniers temps : comment créer la distinction entre l’être que je suis et cette entreprise qui reflète mes valeurs, mon identité?

The problem – for me at least – is that I confuse the role of my orgnisation’s vision and values with the role of the owner/manager/founder/dogsbody (that would be moi). Where it is the vision and values that need to be prominently visible every day and in every way, I’ve become stuck in the story that it is I who needs to be there. Saying the right things. Being the right things. That everything is resting on my shoulders.

Faire défaut à cette distinction, refuser de séparer le soi de l’entreprise, c’est marcher tout droit vers l’épuisement. Mais comment distinguer deux parties de soi-même?

Une solution que Maiden a trouvé, c’est de faire appel à son imagination par la méditation. Appelant l’ «esprit» de son entreprise, elle s’est retrouvée face à face avec Totoro, le célèbre et adorable personnage de Miyazaki. Pour une surprise, c’est une surprise. Mais le lien lui est apparu évident : réconfortant, grand, doux et imposant, Totoro incarnait pour elle, la quintessence de ce qu’elle cherchait.

C’est un exercice intéressant : qui ou quoi serait l’esprit de mon entreprise ou de mon projet? Qu’est-ce qui le distingue de moi? Il ne me reste qu’à ouvrir les fenêtres et attendre la visite de l’esprit de ma maison.

Je vais aussi continuer le plan d’affaires. Au cas où.

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