Matins.

il y a des matins vierges
des matins à ras le sol
des matins vent
où plus rien ne s’accroche à soi

vient alors le mouvement du ventre
la peau qui durcit
il faudrait devenir le laurier de l’histoire
assumer la douleur
s’assoir impuissant
et attendre que le vent brûle
que la branche casse
Apollon déchiré devant l’arbre
et le coeur endurci et la bouche figée

il y a des matins glaise
des matins terre arable
qui coexistent
quand la neige s’accumule
ou le sable ou le sel
ou la pluie grise sur la peau

il y a des matins poèmes
couchés dans l’herbe froide
qui observent les maisons

il faudrait toujours le bourgeon dans la gorge
que chaque parole engendre
des milliers de mots et de choeurs

il y a des matins
où le vent
à force de chanter par les fenêtres
se glisse jusqu’à murmurer
sous les draps

il y a des jours où même la mer
n’a plus de quoi se remplir
où les larmes ne sont rien que de l’eau

ce sont ces jours-là qu’il faut être dehors

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