Du pouvoir, de la nécessité de ne rien faire.

Prochainement, le plus tôt possible, gardez-vous une journée pour ne rien faire.

Je ne parle pas de prendre congé. « Prendre congé » est un mensonge. On « prend congé » et on se met instantanément à travailler à toutes ces tâches qu’on a repoussées à plus tard, ces petites tâches qu’on aimerait mieux ne pas faire, mais qu’on fait quand même parce que « c’est notre seule journée de congé ».

Je ne parle pas non plus de prendre des vacances. Notre cerveau étant incapable de s’arrêter, vous serez à peine une heure en vacances que déjà vous serez à la recherche de la prochaine activité, du prochain appel téléphonique à faire, de la prochaine réservation, du prochain planning…

Je parle de ne rien faire. Comme dans être assis dans son salon, tout seul, sur le divan, avec du temps plein les mains. Comme dans interrompre un mouvement devenu automatique pour observer la position de vos mains, l’état d’esprit dans lequel vous êtes. Comme dans rester quelques minutes de plus dans son lit au réveil, le temps de contempler, de l’extérieur, le mouvement incessant du monde.

Je ne vous demande pas de passer une journée entière à ne rien faire. Même si cela ferait probablement du bien, il est généralement difficile de décrocher complètement de tous nos petits impératifs de la journée. Nos vies sont réglées au quart de tour, difficile d’en décrocher. Parfois on a même l’impression que cinq minutes de pause dans une journée seront difficiles à trouver.

Mais ces cinq minutes sont essentielles. Sans ces cinq minutes, nous sommes voués à n’être que fonctionnels, enfermés dans une routine obsessionnelle et peu saine pour notre esprit. L’être humain est un être rêveur. Il est rêveur parce qu’il a conscience à la fois du présent, du passé, et de l’avenir. Pouvoir concevoir ces trois temps fait de nous des êtres uniques, capables d’imagination. Vouloir étouffer ce germe créatif qu’il y a en dedans de chacun de nous, c’est se priver d’un monde, et c’est surtout se diriger tout droit vers l’épuisement.

Je vous invite à être juste là. Regardez une fleur. Regardez la texture, la couleur de votre vieux divan du salon. Contemplez le rien. Cinq minutes, au moins. Ou une heure. Ou deux heures. Le temps que vous voulez. Si vous pouvez, même, évitez le chronomètre. Laissez-vous seulement le temps de ne rien faire.

Il y a un pouvoir qui naît dans ces moments de silence intérieur, d’immobilité apparente. Notre esprit, toujours en quête de nouveau, ne peut pas s’arrêter. Mais lui proposer de ne rien faire pendant un moment est bénéfique, parce que de cette inaction peut naître votre meilleure idée de la journée. Si vous ne l’attendez pas. Si vous vous retenez de penser à votre prochaine meilleure idée. Si vous ne faites absolument et résolument rien.

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