À propos des blocages créatifs

En cette fin d’année qui approche, il est facile de se sentir dépassé créativement, comme si on avait tout donné. Et si le repos s’impose, il arrive que parfois, même avec du repos, la création n’a plus la même saveur qu’avant, les couleurs sont moins vives, les idées moins riches et l’enthousiasme moins grand.

C’est ce que j’appelle les blocages créatifs. Ce sont ces périodes où inspiration et création, plutôt que de faire bon ménage, font un gros paquet de minous de poussières. Et c’est aussi ça le plus frustrant : le clavier ou le crayon nous démangent, mais pour une raison x ou y (ou peut-être même wjk), les doigts ne suivent pas, les idées restent bien terrées dans leur coin et rien ne se passe, rien ne se crée, (mais on pourrait dire que tout se transforme…).

Oui oui, tout se transforme, en fait, parce que le pas-bon d’aujourd’hui deviendra le bon-de-demain. La création, comme vraiment beaucoup de choses dans la vie, fonctionne par cycles. Il y a les périodes d’effervescence (où tout coule comme d’une source inépuisable), les périodes normales (où ça coule un peu plus doucement) et les périodes creuses (où la source est complètement asséchée et où on se dit ben voyons donc je suis donc ben pas bon).

La vérité, c’est qu’il se passe quand même quelque chose, en dessous de cette période grise et sèche. C’est ce que Anne-Marie Jobin, dans son livre Créez la vie qui vous ressemble, nomme très joliment le compostage. Un temps où l’énergie créatrice se recharge, et qui nous amènera progressivement à faire le point, à revisiter nos ambitions, nos intérêts et nos pulsions.

Pour qu’une énergie créatrice renaisse, il lui faut de l’espace, du temps et SURTOUT, du plaisir. Je l’ai déjà dit : créer dans la souffrance n’est pas ma tasse de thé. Je préfère aller prendre une marche. Et si je considère que la création nous permet souvent de libérer des émotions, je priorise quand même une création heureuse, même lorsque le sujet que l’on aborde est lourd.

Il arrive aussi que le blocage soit lié à l’ego : riches d’attentes et d’ambitions, nous devenons paralysés devant l’œuvre, convaincu que nous ne sommes plus à la hauteur de nous-mêmes. Ce qui compte alors est de se rappeler qu’on crée d’abord pour soi.

Enfin, le meilleur moyen, à mon sens, pour apprivoiser nos blocages, est surtout de se respecter. Au bout de cette période creuse viendra une nouvelle pousse, un indice de nouvelles idées et de nouveaux projets. Il faut seulement se laisser du temps pour faire le ménage, et faire le point.

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