Ces voix que l’on porte

Cet hiver, je me suis lancé dans une aventure singulière avec la conteuse Élaine Richard. Entre mars et mai, nous sommes allés à la rencontre d’une série de Madelinots afin d’apprendre, de découvrir, de chanter la chanson traditionnelle d’ici. Nous sommes allés rencontrer des gens dans la chaleur de leur maison, avons créé parfois des fêtes spontanées chez eux, et sommes également allés visiter trois résidences pour personnes aînées.

Chants d’avant était une occasion pour moi de retrouver mes racines. Ma grand-mère, Marie-Louise, était férue de musique et de rassemblements. C’était une animatrice, une conteuse, une actrice, bref une vraie âme créative qui m’a certainement beaucoup inspiré. En discutant avec d’autres personnes aînées de leurs souvenirs liés à la chanson, je découvrais, du même coup, toute la valeur de l’héritage que ma grand-mère m’a laissé.

Sans titre
Ma grand-mère avait aussi un sens aigu du style! #fashion

J’ai découvert également la richesse de la musique dans nos vies, et ce qu’elle peut nous apporter. Enfin, j’ai appris à prendre le temps, et j’ai dû composer avec le fait que je ne pouvais pas tout prévoir, et que chaque humain est habité d’un rythme différent. C’est surtout cette leçon-là que je chéris : le fait de reconnaître soudain qu’il y a en chaque être un potentiel infini de savoir et de découvertes: encore faut-il prendre le temps de s’y arrêter.

Ce que je retiens de cette expérience, jusqu’à présent, c’est ceci : parfois, lorsqu’on sent la peur nous monter à la gorge, c’est un bon signe. Parfois il faut écouter cette voix qui nous dit de le faire quand même, de se lancer dans le vide malgré tout. Parfois, au lieu de tomber, on peut prendre un véritable envol.

Avant de commencer ce projet, si différent de ceux que je réalise habituellement, je peux admettre sincèrement que j’ai eu des moments de terreur. Que se passera-t-il si j’échoue, si je me plante, si je m’écrase en plein vol? Je n’ai pas pu trouver d’autre réponse que celle-là : je vais apprendre quelque chose.

Prendre un risque, parfois, c’est simplement se décaler un tout petit peu de ce qu’on fait habituellement, juste pour voir. Ce n’est pas nécessairement tout abandonner: c’est simplement s’abandonner soi-même à quelque chose de nouveau, et se laisser bercer par cette nouvelle énergie.

Ma grand-mère avait cette audace. Elle fonçait à une époque où ce n’était pas commun de voir une femme se mettre ainsi en avant. Elle osait parce qu’au plus profond d’elle-même, elle avait envie de vivre une vie créative, dynamique et heureuse. J’ose penser que les critiques qu’elle a pu essuyer ne l’ont jamais empêchée d’être résolument elle-même. Somme toute, Chants d’avant est une sorte d’hommage à elle, à sa joie, à la couleur qu’elle mettait dans nos vies.

J’ai hâte de vous en dire plus.

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