Oui, je vais me tromper!

Je vais me tromper. C’est aussi certain que : «je vais respirer» et «je vais me lever de cette chaise à un moment donné».

Je vais me tromper parce que ce n’est pas possible d’avancer dans la certitude. Parce que la certitude n’existe pas, et que les pas que je fais se font toujours à tâtons. Je vais me tromper parce que ça fait partie du deal, les amis. On ne décide pas d’assumer qui on est sans échapper quelques choses en chemin.

Je viens de terminer un des plus récents livres de l’auteure et psychologue Brené Brown, Rising Strong. C’est un livre qui parle de résilience et du fait de traverser les épreuves, ces moments où l’on se trouve face contre terre. Ce que j’aime, c’est qu’elle ne s’arrête pas qu’aux traumatismes et aux épreuves «de grande envergure». Elle parle de courage au quotidien, du fait de choisir de vivre selon ses propres principes, et surtout, elle parle de toutes ces fois où l’on tombe.

Il y a quelques années, alors que je faisais le bilan d’une série de mois difficiles où les mots dépression, anxiété et toucher le fond étaient interchangeables, j’ai résumé le tout en disant: «C’est l’année où je me suis le plus souvent relevé.»

Au lieu de faire le décompte de toutes ces fois où j’étais tombé, j’ai salué le fait d’avoir survécu, d’être encore là. Malgré la peur que je ressens parfois face au fait de me mettre à l’avant-plan, de mettre ma vraie face en avant, j’essaie de me rappeler cela : tomber est surtout une occasion de se relever.

Donc, oui, je vais me tromper. Et une autre chose est certaine d’arriver : je vais changer. Mon écriture ne sera pas la même dans un an qu’aujourd’hui. Ma vision du monde ne sera pas la même. Mes impressions sur la créativité et l’authenticité ne seront pas les mêmes. Comment le pourraient-elles? Je prône le changement dans ma vie, je le célèbre; ça se poursuit jusque dans mon travail. Moi aussi je change. Ma vision aussi, elle change.

Notre société est terrifiée à l’idée de se tromper. C’est très humain. Notre cerveau a besoin de prévoir le pire et d’être prudent. C’est un mécanisme de défense. Pour éviter les dangers, nous avons le réflexe de rester dans ce que nous savons. Il est plus facile d’avancer dans un scénario déjà écrit et mille fois répété que de faire un premier pas dans un environnement totalement nouveau.

En plus, il y a toujours quelqu’un pour nous faire tomber.

Une amie me racontait récemment que, après avoir rêvé d’un voyage à l’étranger pendant des années, elle s’est retrouvée assise à l’aéroport, billet en main, à se dire : mais pourquoi est-ce que je m’impose ça? Au-delà de sa logique, je crois que c’était sa peur qui parlait. Même si elle connaissait les lieux, même si elle avait déjà vu les photos de ce qu’était sa destination, le caractère indéfini du voyage le rendait effrayant.

De cette anecdote je déduis deux choses:

  1. Nous avons peur de ce qui est inconnu parce que nous ne pouvons pas écrire le scénario de ce qui arrivera, et que notre cerveau a besoin d’écrire un scénario afin de se préparer face au danger.
  2. Nous avons aussi peur, lorsque nous réalisons un projet qui nous tient particulièrement à coeur, que le jeu n’en vaille pas la chandelle; nous craignons d’être déçus d’avoir pris le risque.

Et s’il arrive qu’effectivement nos expériences nous déçoivent parce qu’elles ne sont pas à la hauteur de ce que nous attendions, je crois tout de même que cette déception est nécessaire. Nous avons besoin d’être déçus parce qu’une fois la déception passée, nous sommes prêts à nous lancer dans une autre aventure, à faire un nouveau pas en avant.

Pour vous procurer le livre de Brené Brown, cliquez ici [original] ou ici [en français].

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